Militaires renversés à Levallois : de l'attaque à l'interpellation "musclée", ce que l'on sait

August 9, 2017, 5:23 pm

Les forces de l'ordre ont a nouveau été prises pour cible mercredi, lorsqu'une voiture-bélier a blessé six soldats à Levallois-Perret (Hauts-de Seine), avant d'être interceptée et le principal suspect arrêté. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête. Attaque, victimes, suspect… : voici ce que l'on sait.

A lire aussi : Les soldats de Sentinelle sont avant tout des cibles, dénoncent des experts

L'attaque

La ville cossue de Levallois-Perret abrite notamment la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L'attaque s'y est déroulée peu avant 8 heures, en plein centre-ville, dans une rue piétonne et devant un immeuble HLM de 12 étages où les militaires de Sentinelle disposent d'un local au rez-de-chaussée.

Sur fond de forte menace terroriste en France, le gouvernement a dénoncé un "acte délibéré", et le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête. Le véhicule, une BMW, était "prépositionné dans l'allée" et "a foncé" sur un groupe de militaires qui sortaient faire leur tournée", a confirmé le maire de Levallois Patrick Balkany.

"Une voiture qui était dans le quartier est arrivée vers le groupe de soldats. Elle roulait doucement. À 5 mètres à peu près des militaires, elle a accéléré de manière à pouvoir les percuter. Nous savons que c'est un acte délibéré, ce n'est pas un acte accidentel" Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur

Six militaires ont été blessés dans l'attaque, dont trois grièvement. Crédit photo : THIERRY CHAPPE AFP

"J'ai entendu un énorme bruit", a raconté de son côté un résident de l'immeuble, qui a vu depuis son balcon "deux militaires à terre, semblant inanimés", entourés d'une dizaine d'autres soldats.

Plusieurs heures de cavale et interpellation "musclée"

L'assaillant, lui, a pris la fuite immédiatement. Après plusieurs heures de cavale, il a été arrêté sur l'A16, au niveau de Leulinghen-Bernes (Pas-de-Calais). 300 policiers étaient à sa recherche. L'interception "musclée" s'est déroulée en début d'après-midi.

Ce sont les Brigades de recherche et d'intervention (BRI) de Lille et Rouen qui sont intervenues. Pour leur échapper, le conducteur a percuté un ou plusieurs véhicules et les policiers ont alors fait feu à plusieurs reprises, selon une source judiciaire. Blessé, le conducteur a été évacué en hélicoptère.

L'assaillant a été intercepté sur l'A16, dans le Nord-Pas-de-Calais. Crédit photo : PHILIPPE HUGUEN AFP

"J'ai vu des voitures me doubler rapidement, avec les gyrophares. Je me suis arrêté. Les gendarmes sont sortis, ils ont couru derrière leur véhicule et commencé à tirer. Ça a pétaradé un petit peu à droite et à gauche. J'ai vu une personne sortir du véhicule (…). Après les coups de feu, j'ai vu la personne tomber et après je me suis mis à couvert" Un témoin de l'interpellation

La BMW du suspect. Crédit photo : PHILIPPE HUGUEN AFP

Un policier "a été blessé par balle à la jambe lors de l'intervention".

Les victimes

Les militaires visés font partie du 35e régiment d'infanterie de Belfort, selon la ministre des Armées Florence Parly, qui a précisé que "six ont été blessés, dont trois plus grièvement, sans que leur pronostic vital ne soit engagé". Leur état de santé "n'inspire plus d'inquiétude", a confirmé un peu plus tard dans la journée le Premier ministre Edouard Philippe.

Le suspect

L'homme interpellé, né en 1980, est le suspect "principal, à ce stade", selon le Premier ministre Edouard Philippe. "Des perquisitions sont en cours", a ajouté une source judiciaire, sans plus de précision pour l'instant.

Les militaires et forces de l'ordre, des cibles permanentes

Leur mission est "d'assurer la sécurité des Français" mais les militaires de l'opération Sentinelle, comme ceux qui ont été blessés mercredi, sont avant tout des cibles selon de nombreux experts qui remettent en cause l'efficacité de leur déploiement.

"Comme l'ont montré les incidents au Louvre, à Orly et sans doute ce matin à Levallois, c'est un dispositif de sécurité qui devient la cible en tant que tel", analyse le chercheur Elie Tenenbaum, de l'Ifri, auteur d'un rapport intitulé "La sentinelle égarée ?". "Ils sont passés de gardes statiques à des patrouilles plus dynamiques, mais ils demeurent des cibles".

Selon Gérard Collomb, c'est la sixième fois que la force Sentinelle, mise en place dans le cadre du plan Vigipirate après les attentats de janvier 2015, est prise pour cible.

En 2015, le 3 février, trois militaires en faction devant un centre communautaire juif à Nice ont été attaqués au couteau. Puis, le 10 avril, un militaire affecté à l'aéroport d'Orly dans le cadre de Vigipirate est agressé par un homme qui lui porte un coup au visage. Légèrement blessé, le sergent réussit à mettre en fuite son agresseur armé d'un couteau.

En 2016, le 1er janvier, un jeune Français d'origine tunisienne fonce en voiture, à trois reprises, sur quatre militaires postés devant la mosquée de Valence, blessant l'un d'eux.

En 2017, le 3 février, un homme armé d'une machette dans chaque main se précipite sur quatre militaires de l'opération Sentinelle en patrouille au Carrousel du Louvre à Paris, en criant "Allah Akbar". L'assaillant, un Égyptien de 29 ans, est grièvement blessé par des tirs de riposte, un militaire légèrement atteint au cuir chevelu. Puis, le 18 mars, un homme de 39 ans est abattu par les forces de sécurité à l'aéroport d'Orly-Sud après avoir attaqué une patrouille militaire en lançant : "Posez vos armes, je suis là pour mourir par Allah".

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